Les chercheurs et industriels s'intéressent aux courants marins pour produire de l’énergie.Trois acteurs principaux travaillent actuellement sur l'exploitation de cette énergie nouvelle.EDF, le Laboratoire des écoulements géophysiques et industriels (LEGI) de Grenoble et la petite société Hydrohelix Energies, soutenue par l'Institut français du pétrole (IFP) et l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe).
En Bretagne, on projette "d' installer 4500 hydroliennes sur 3 sites : Raz de Sein, Ouessant et Raz Blanchard "au large du Cotentin.
"La puissance de 3000 MW pourrait fournir de l'électricité à tout l'ouest de la France".
Hydrohelix Energies est une petite société basée à Quimper.
Les turbines sont fixées sur une structure fixée au sol et totalement immergées. Elles récupèrent l'énergie cinétique des courants sous-marins et la transforment en énergie électrique.Plus les courants sont forts, plus les hydroliennes génèrent d'électricité : la France dispose ainsi, au large des côtes bretonnes et normandes, d'un potentiel important grâce aux courants marins liés aux marées, qui sont parmi les plus fortes du monde, mais aussi grâce aux vagues et aux écarts de température entre le fond et la surface de la mer.Par ailleurs, à dimension égale, une hydrolienne produit plus d'énergie qu'une éolienne puisque la densité de l'eau est 800 fois plus élevée que celle du vent. L'impact visuel est quant à lui nul ou quasi-nul à la différence des éoliennes.
Hydrohelix Energies a envisagé trois sites (cités plus haut) pour d'éventuels parcs hydroliens.La production annuelle de ces trois parcs pourrait atteindre les 25.000 gigawatt /heures (GWh), soit 5% de la production électrique française.
Les coûts de production sont estimés par la société à environ 3,5 centimes d'euro le watt installé, avec un retour sur investissement au bout de sept ans compte tenu d'un coût d'installation de 1 à 1,3 euros le watt.
L'usine marémotrice de La Rance, sur l'estuaire de ce fleuve en Ille-et-Vilaine, illustre ce potentiel : elle produit chaque année environ 536.000 MWh, soit l'équivalent des besoins d'une ville de 300.000 habitants.
Cette installation est l'une des principales vitrines en matière d'énergies renouvelables d'EDF, qui envisage de se positionner à moyen terme sur l'exploitation de parcs hydroliens.Il faut savoir que plusieurs concepts d'hydroliennes sont en cours de développement actuellement dans le monde, en particulier en Europe : l'Italie, le Royaume-Uni et la Norvège ont installé en mer leur premiers prototypes, d'une puissance unitaire variant de 100 à 300 kW, pour des séries de test grandeur nature. Ces travaux sont menés par des PME, spécialistes d'énergie renouvelable et du milieu offshore, épaulées par des équipes universitaires ainsi que par des industriels. ( source EDF ).
En Grande Bretagne, la société Marine Current Turbines a installé en 2003 la première éolienne sous-marine à Lynmouth, au Sud de l'Angleterre. La société envisage d’ installer en Irlande du Nord un complexe de deux hélices de plus de 15 mètres de diamètre tournant en sens inverse, pour une puissance de 1 MW. Dans le Devon, une "ferme" de 10 petites turbines devrait voir le jour à la fin de l'année, et permettrait d'alimenter en électricité plus de 10 000 foyers. Ces éoliennes sous marines exploitent l'énergie des courant de marées.
Il reste quand même quelques problèmes à surmonter : le danger potentiel pour les bateaux, les difficultés d'entretien, et la résistance dans le temps (salinité, sable…). Et surtout, il reste à savoir si cette nouvelle source d'énergie sera compétitive, avec un coût d'installation de 1,5 euro par Watt et un coût de production de 6 centimes d'euros le kWh, plus de deux fois le coût du kWh nucléaire.
Plus d'informations sur ce dossier :
http://www.arer.org/fra/pages/endurable/filieres/enr/eau/eau.htm
http://www.brest-ouvert.net/article1034.html
http://www.novethic.fr/novethic/site/article/index.jsp?id=74563
http://www.ademe.fr/htdocs/publications/publipdf/col_ser/abecedaire.pdf