Les progrès techniques ont permis de les récupérer. Dès 1687, William Phips et ses plongeurs ont remonté 26 tonnes de métaux précieux qui reposaient à plus de 20 mètres de profondeur. Les épaves qui gisent au fonds des mers et des océans recèlent des trésors incroyables. Sous la surface des flots gît le plus grand et le plus riche musée du monde. La France possède le deuxième domaine maritime au monde après les Etats-Unis. Grâce à André Malraux, elle a été la première puissance à investir le domaine de l'archéologie sous-marine en 1966...
Depuis, les fouilles sous marines, c'est la spécialité du département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM). Basé à Marseille, il a cartographié près de 900 sites sous-marins, essentiellement des épaves de navires dans la limite des eaux territoriales et contigües (25 milles marins, soit 45 km).
La première fouille sous-marine au monde, menée en 1952 sur une épave romaine au large de Marseille par le commandant Jacques-Yves Cousteau, a été à l'origine d'une erreur d'interprétation", explique Luc Long, conservateur en chef du patrimoine au DRASSM. "L'archéologue de l'époque, Fernand Benoît, directeur des musées d'Arles et de Marseille, n'étant pas plongeur, attendait sur le navire que les hommes de Jacques-Yves Cousteau remontent les objets de l'épave", raconte-t-il.
"Mais ces objets provenaient de deux épaves superposées des Ier et IIe siècles. Il a fallu près de trente ans pour s'en apercevoir alors qu'un archéologue plongeur l'aurait vu immédiatement", dit-il.