photo : sémaphore de la pointe St Mathieu dans le finistère (Mikaël Roparz).
Les catastrophes maritimes comme celle de l'Amoco Cadiz ou les disparitions de pêcheurs et plaisanciers ont redonné de l'importance à la veille littorale et aux sémaphores qui, avec leurs radars, couvrent pratiquement toutes les côtes françaises. Mais l'attentat du 11 septembre 2001 ravive le besoin de contrôle des approches territoriales et redonne toute leur importance aux sémaphores dont le rôle était aussi de prévenir l'arrivée d'ennemis par les mers.Le sémaphore de Dieppe est passé au mois d'octobre 2005 en première catégorie.
Désormais, il veillera de manière permanente avec un effectif de 9 guetteurs sémaphoriques.
Les sémaphores permettent une surveillance du trafic le long des approches maritimes. La marine dispose d'un excellent moyen pour repérer des bateaux en difficulté, qu'ils soient marchands ou de plaisance.
Les sémaphores sont classés en trois catégories : Les vigies, à proximité des ports militaires de Cherbourg, Brest et Toulon ; les sémaphores de première catégorie qui assurent une veille 24h/24 et les sémaphores de seconde catégorie qui sont actifs du lever au coucher du soleil. Le littoral de la Manche et de la mer du Nord compte 14 sémaphores dont désormais 10 en première catégorie et cela sur 877 km de côte à travers 7 départements.
Afin d'améliorer les capacités en matière de surveillance des approches maritimes, un système de mise en réseau des sémaphores français est en service depuis 2004. Baptisé SPATIONAV, ce projet, qui associe Marine, CROSS, Douanes et autorités portuaires ; permet aux préfets maritimes de disposer d'une image en temps réel de la situation au large par une centralisation instantanée des informations. Testé en Méditerranée dans sa version 0, SPATIONAV montra en puissance en 2006/2007 avec la version 1 qui couvrira la façade atlantique et les Antilles. SPATIONAV V1 prendra en compte les données des transpondeurs AIS embarqués ainsi que les informations transmises par les aéronefs et navires de surface présents sur zone. Le système sera doté d'une automatisation des échanges entre les administrations (TRAFIC 2000) et d'outils d'aide à la décision. A moyen terme, SPATIONAV V2 devrait permettre, à l'horizon 2010, d'intégrer les nouveaux capteurs (radars HF) et les drones aériens ou navals.
Pour l'heure, les sémaphores ont pour consigne d'interroger systématiquement les navires pour connaître leur nom, la nature exacte de leur cargaison, le nombre de personnes à bord, leur destination... Le réseau français de surveillance compte 5 CROSS, 5 vigies, 17 sémaphores en veille permanente et 38 en veille intermittente. L'ensemble est armé par 425 personnes.